qui tendaient à obtenir laprolongation
pouvait faire sans donner sujet de murmure auxcatholiques, que parce que son conseil était offensé de ce qu'elleavait été assignée auparavant que de la demander; néanmoins, désirantle gratifier, il lui accorda cette requête, avec un don de cent milleécus, et voulut que, de là en avant, il l'appelât «son maître» dansses lettres, comme il faisait autrefois, lorsqu'il était en courauprès de lui. Dans cette assemblée, se trouvèrent le prince de Condé,le comte de Laval, le vicomte de Turenne, depuis quelques mois sortide la prison des Pays-Bas, Châtillon, et la plupart des seigneurs quiprofessaient cette religion. Bellièvre y alla de la part du roi, pourdemander, entre autres choses, la restitution des places, mais iltrouva les courages bien résolus à ne les point rendre; et l'assembléeenvoya au roi, par Laval et Du Plessis-Mornay, un cahier de plaintescontenant les inexécutions de l'Edit, qui tendaient à obtenir laprolongation du terme, et semblaient dire que si on leur refusait unesi juste demande, ils seraient contraints de se mettre sur leursgardes. Le président Séguier, Villeroy et Bellièvre n'étaient pointd'avis qu'on leur accordât cette prolongation, parce que c'étaitfortifier une religion qu'il fallait détruire, c'était diminuerl'autorité royale, et fournir aux ligueurs un prétexte de troublerl'Etat; et le roi était de lui-même porté à croire ce conseil, n'ayantaucune inclination pour les religionnaires. Mais les persuasions duduc d'Epernon, qui favorisait le roi de Navarre, et la crainte que luidonnèrent les députés de la résolution opiniâtre de leur parti, lefirent condescendre, après de grandes répugnances, à leur laisser lesplaces encore deux ans; dont il leur fit expédier ses lettres à la findu mois de novembre.»Comme le dit Mézeray, ce ne fut pas sans de nombreuses difficultésque l'assemblée de Montauban trouva grâce, par ses cahiers, auprès deHenri III, et, tout en profitant du succès obtenu, le roi de Navarren'en devint pas plus confiant dans l'avenir. Aussi, dans la lettrequ'il adressa au roi, vers la fin de l'année 1584, pour le remercierdu bon accueil fait aux vœux et remontrances de l'assemblée, ildisait avec sa fine ironie: «Reste maintenant, Monseigneur, comme il aplu à V. M. faire connaître cette sienne bonne volonté à ses trèshumbles sujets, qu'aussi il lui plaise, par une même bonté, commander,au plus tôt que ses affaires pourront le permettre, les expéditionsnécessaires pour leur en faire sortir les effets...» Fidèle à sonrôle, il affectait toujours de compter sur Henri III, mais il sentaitbien que toute cette bonne volonté était, comme d'habitude, eau bénitede cour. Et, en effet, quelques jours après, il eut, plusieurs fois,l'occasion de se plaindre à Matignon de diverses irrégularités, enLanguedoc, en Rouergue, en Quercy et en Périgord.Les Guises, depuis quelque temps éloignés de la cour, n'attendaientqu'un prétexte pour stimuler le zèle de la Ligue, déjà toute à leurdévotion. Lorsqu'ils surent que Henri III venait d'accorder auxcalvinistes un délai de deux ans pour la remise des places de sûreté,ils n'hésitèrent plus à développer leurs plans et à en presserl'exécution. Le dernier jour de l'année 1584, par le traité deJoinville, ils associent le roi d'Espagne à la Ligue, qu'il prend, enquelque sorte, sous son patronage et à sa solde. Ce pacte éclairel'histoire des quinze années qui vont suivre; en voici le résumé:«Les contractants, pour la conservation de la foi catholique, tant enFrance qu'aux Pays-Bas, conclurent une confédération et ligueoffensive et défensive, perpétuelle et à toujours, pour eux et pourleurs descendants, avec ces conditions: qu'arrivant la mort du roiHenri III, le cardinal de Bourbon serait installé en sa place, commeprince vraiment catholique et le plus proche héritier de la couronne,en excluant entièrement et pour toujours tous les princes de France,étant à présent hérétiques et relaps, et des autres ceux qui seraientnotoirement hérétiques, sans que nul

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