la poursuite de luxe
re se dirigea vers une maison que l'on voyait entre les arbres etqui avait l'apparence d'une auberge. Les brigands nous précédaient enécartant les branches. Au bout d'une heure, deux hommes vinrent à notrerencontre: l'un, de trente-quatre à trente-cinq ans, taillé en hercule,le visage sauvage et pourtant régulier; l'autre, un adolescent de vingtans, aussi beau qu'Adonis. Ils faisaient aussi partie de la bande. Ferryme les présenta; puis il me dit que j'allais goûter l'amour avec cesdeux hommes, que je n'avais rien à craindre d'eux, qu'ils ne savaientpas qui j'étais et qu'ils n'avaient aucune relation avec le mondeextérieur.Nous nous arrêtâmes dans une clairière. Une source assez profonde etlarge la traversait. L'hercule se mit à l'aise aussitôt; le jeune hommerougissait, hésitait; quand Ferry le lui eut commandé péremptoirement,il suivit l'exemple de son camarade. Ferry, me dit que je devais donnerlibre cours à mes sensations; que plus je serais passionnée, plus je luiferais plaisir. Je connaissais ses pensées comme si je les avais lues.Je voulais lui faire plaisir et je résolus d'être très dissolue.J'appelai les deux hommes. Je les tirais vers moi... Lorsque tout futfini et tous furent calmés, ils me portèrent dans la hutte, où Ferry mecoucha dans un lit.Puis-je vous raconter comment s'écoulèrent les trois jours que je passaidans cette forêt? Ferry avait congé. Je changeais tous les joursd'amants. Il y avait neuf brigands. Le troisième jour, nous célébrâmesune grande orgie, avec des paysannes, des femmes et des filles quiétaient venues. Agrippine aurait envié nos saturnales. Ces paysannesétaient aussi raffinées, adroites et voluptueuses que les dames del'aristocratie de Budapest.J'eus le temps de me reposer durant ma tournée. Rose m'accompagnaitseule. Ferry me quitta après de tendres adieux. Il était temps dereprendre des forces, ces débauches m'auraient tuée.Je n'ai rien à vous dire des deux années que je passai encore àBudapest, ni de mon engagement d'un an à Prague. J'appris à estimer ceproverbe français: «Ni jamais, ni toujours, c'est la devise des amours».VIÀ FLORENCEJ'avais atteint ma vingt-septième année. Mes parents étaient morts dansl'intervalle d'une semaine, emportés par une épidémie. J'étais pourainsi dire seule au monde. J'avais perdu de vue ma parenté. Ma vieilletante, chez qui j'avais logé à Vienne en débutant au théâtre, dura leplus longtemps; elle mourut un an après que j'eus quitté Budapest. Cecousin dont je vous ai parlé avait suivi la carrière militaire. Il avaitperdu la mauvaise habitude de son enfance et était devenu un tel rouéque les débauches le tuaient. J'avais beaucoup de chance d'un côté,pourtant j'avais dû supporter quelques durs chagrins. Je perdis mes deuxpremiers amants: Arpard A..., qui dut partir à Constantinople, où ilavait un emploi à l'ambassade, et Ferry, qui émigra en Amérique. Avantce départ, qui était forcé, il m'écrivit une longue et tendre lettre oùil me jurait un éternel amour. Il m'écrivait qu'il voulait m'épouser sije le suivais en Amérique. Il n'osait plus rester en Europe, car il yrisquait sa vie. Les bandits, dont quelques-uns avaient eu mes faveurs,furent arrêtés. Hercule et le bel adolescent finirent à la potence. Ilne me restait plus que Rose pour me rappeler les joyeuses journéespassées à Budapest.Je ne veux pas vous parler de ma carrière artistique. Ceci ne vousintéresse pas; si vous voulez la connaître, vous n'avez qu'à ouvrir lesjournaux, ce que vous avez sûrement fait.Dans une grande ville d'Allemagne, je fis la connaissance d'unimprésario italien, qui m'avait entendue chanter dans un concert et dansun opéra. Il me rendit visite chez moi et me fit la proposition de lesuivre en Italie. Je parlais parfaitement l'italien. Il me dit que pourpouvoir concourir avec les plus célèbres cantatrices d'Italie, il ne memanquait que l'habitude des immenses scènes de San Felice, de la Scalaou de San Carlo. Si j'avais du succès en Italie, mon avenir étaitassuré; j'avais

留言

发表留言














只对管理员显示


引用