la posa par terre, plaça dessus le buste blanc, puis se reculant de quelques pas, l'interpella d'une voix sonore:
A son tour, il les contempla, indigné de leur indifférence, cherchant ce qu'il pourrait dire, ce qu'il pourrait faire pour frapper un grand coup, électriser ce pays placide, remplir sa mission d'initiateur.

Mais une inspiration l'envahit et, se tournant vers Pommel: «Lieutenant, allez chercher le buste de l'ex-empereur qui est dans la salle des délibérations du conseil municipal, et apportez-le avec une chaise.»

Et bientôt l'homme reparut portant sur l'épaule droite le Bonaparte de plâtre, et tenant de la main gauche une chaise de paille.

M. Massarel vint au-devant de lui, prit la chaise, la posa par terre, plaça dessus le buste blanc, puis se reculant de quelques pas, l'interpella d'une voix sonore:

«Tyran, tyran, te voici tombé, tombé dans la boue, tombé dans la fange. La patrie expirante râlait sous ta botte. Le Destin vengeur t'a frappe. La défaite et la honte se sont attachées à toi; tu tombes vaincu, prisonnier du Prussien; et, sur les ruines de ton empire croulant, la jeune et radieuse République se dresse, ramassant ton épée brisée…»

Il attendait des applaudissements. Aucun cri, aucun battement de main n'éclata. Les paysans effarés se taisaient; et le buste aux moustaches pointues qui dépassaient les joues de chaque côté, le buste immobile et bien peigné comme une enseigne de coiffeur, semblait regarder M. Massarel avec son sourire de plâtre, un sourire ineffaçable et moqueur.

Ils demeuraient ainsi face à face, Napoléon sur sa chaise, le médecin debout, à trois pas de lui. Une colère saisit le commandant. Mais que faire? que faire pour émouvoir ce peuple et gagner définitivement cette victoire de l'opinion?

Sa main, par hasard, se posa sur son ventre, et il rencontra, sous sa ceinture rouge, la crosse de son revolver.

Aucune inspiration, aucune parole ne lui venaient plus. Alors il tira son arme, fit deux pas et, à bout portant, foudroya l'ancien monarque.

Még a titulus iránt is vagyon valami akadály
Édes néném, már kétszer volt az a szerencsém, hogy láttam kedet: de úgy tetszik, mintha még nem láttam kedet. De azt vettem észre, hogy mikor kednél vagyok, a nap oly sebesen repűl, valamint a fecske; mikor pedig itt vagyok, akkor rák hátán jár. De én veszekedhetném keddel; mert két naptól fogvást levelét nem vettem kednek, hogyha pedig letennők a restséget, mindennap vehetnék levelet kétszer is. Azt jó megtudni kednek, hogy én telhetetlen vagyok a ked leveleinek olvasásában. Ha azt akarja ked, hogy jó kedvű legyek, gyakran kell nekem írni. Mikor pedig a ked leveleit olvasom, akkor nincsen szükségem a hegedűsre, hogy tánczoljak; mert azt tudom, hogy mások is úgy tartják, hogy egy kedv szerint írott levél jobb egy táncznál. Itt mi csak várjuk, hogy szállást rendeljenek, addig sátorok alatt leszünk, mint az izraeliták.

A franczia követnek Bonacnak közel mihozzánk egy háza lévén, gyakorta jő ide feleségestől, de még minálunk nem volt. Azt akarja, hogy mi menjünk elsőben hozzája, abból pedig semmi sem lesz; mert a mi urunk tudja, mi illendő, és mi nem illenék hozzája. Még a titulus iránt is vagyon valami akadály, és az ilyen akadály megakadályoztatja, hogy az akadály elvettessék, és ilyenformán egymást meg nem látják. De minthogy nekem semmi akadályom nincsen, se a praecedentia, se a titulus iránt a követtel, azért gyakran járok hozzájok. Az asszony olyan mint egy darab nádméz – azt is elmondhatni, hogy olyan az asszonyok között, mint -35- a jóféle gyöngy a több gyöngyök között. Jaj! elfelejtettem, hogy soha sem kell egy asszonyt dícsérni más asszony előtt; mert az nem esik jó ízűn. Hát az nekem jó ízűn essék-e, hogy a levélben káposztás fazéknak neveznek? De én azt csak elszenvedem a hasznáért. Micsoda szép állapot, mikor az ember a nénjire meg nem haragszik! Az egészség mint vagyon? Vigyáznak-e reája? Szeretnek-e, amióta nem láttak? Mert én úgy szeretlek, édes néném, mint a káposztát.

die vermoedelijk niet overal even gunstige indrukken achterliet
Wij hebben lang bij het huisje van Tsaar Poter getoefd; maar, naar wij vertrouwen, toch niet te lang. Immers deze reis van den aanstaanden Peter de Groote was een belangrijk keerpunt niet alleen in zijne persoonlijke geschiedenis, maar in de geschiedenis van zijn land en daardoor van Europa. In den persoon van zijn jeugdigen, ietwat fantastischen souverein,—die op mannen als Willem III en anderen van zijn stempel wel den indruk moest maken van een barbaar, een ongelikten, zij het dan ook genialen beer,—bracht het tot dus ver zoo goed als onbekende, drie-kwart aziatische Rusland een eerste bezoek aan het oude, fijn beschaafde, [12] aristokratische Europa, waarvan het zich voorstelde voortaan deel te zullen gaan uitmaken. Het was eene eerste kennismaking, die vermoedelijk niet overal even gunstige indrukken achterliet; maar al zeer spoedig moest men ondervinden dat de nieuwe gast, dien men welstaanshave niet de deur had kunnen uitwijzen, al stonden zijne manieren niet aan, van plan was eene blijvende plaats in te nemen niet slechts, maar ook in allerlei zaken en aangelegenheden, waarover het vroeger niemand inviel zijn advies te vragen, een woordje en wel een beslissend woordje mee te spreken. Vergelijk eens de positie, die Rusland bij den aanvang der achttiende eeuw onder de mogendheden van Europa innam, met die waarop het honderd jaar later stond, met die welke het thans bekleedt: is daar merkwaardiger, romantischer, bijna zouden wij zeggen fantastischer geschiedenis dan deze? En wat spelt dit stout begin; wat, die aan het ongeloofelijke grenzende ontwikkeling, die toch nog op verre na haar eindpaal niet heeft bereikt? Wat zal deze reus vermogen, als het innerlijk evenwicht—misschien mede door Peters al te roekeloos ingrijpen verstoord—hersteld zal zijn; als zijne onmetelijke kracht harmonisch zal zijn ontwikkeld; als hij het volle bewustzijn zijner kracht en vooral de vrije zelfstandige beschikking over zijne kracht zal hebben verkregen; als het nu nog voor een goed deel mechanisch saamgevoegde ontzaglijke rijk een levend organisch geheel zal zijn geworden? Zal dit jongste lid in de europeesche volkenfamilie tegenover de staten van Europa dezelfde rol spelen, die het gehelleniseerde Macedonië heeft gespeeld tegenover de uitgeputte, door inwendige verdeeldheid verscheurde, door ouderlingen naijver machtelooze staten van Griekenland; en is de slavische wereld bestemd, gaandeweg de plaats in te nemen, die achtervolgens aan de romaansche en aan de germaansche heeft behoord?

à Bibracte une résidence fixe

继续阅读

mais qui n'avaitnullement perdu l'usage de ses sens
erds tes filles en même temps que ta femmeet ta vie, pour avoir trop désiré, je veux cependant combler ton derniervœu: que désirestu pour le fils de ta fille?Le génie! répondit le condamné à mort.A ce moment le cortège s'arrêta parce qu'il était arrivé sur la placepublique, et Gilles, voyant clair, s'aperçut qu'il était entouréd'hommes sinistres chantant sur le mode mineur et portant des ciresallumées. Les cloches sonnaient le glas à l'église métropolitaine, etl'on avait construit une éminence composée de fagots et de bûches, surquoi les misérables étaient invités à monter après s'être défaits deleurs chaussures.Soudain, des récriminations et un grand désordre: on vient des'apercevoir que la centenaire a disparu, évasion due au maléfice, caron ne se faufile pas parmi la foule, comme une belette, à pareil âge.Néanmoins, la cérémonie ne subit point de retard à cause de ce détail,et Gilles et sa femme surent que le rite à accomplir était de monter lesdegrés d'une échelle appuyée contre la pyramide de fagots. Ilsmontèrent, sa femme et lui; et quelqu'un, faisant jaillir une étincellepar le frottement de deux silex, mit le feu à l'épaisse masse de bois.Une fumée s'éleva aussitôt, qui fit reculer les curieux en leur piquantle bord des paupières, et la flamme, vilaine en plein jour, et quis'élève avec une impétuosité d'animal vorace, pénétra bûches et fagotset atteignit bientôt les pieds nus du couple infortuné.A ce moment précis, la foule dut s'écarter pour livrer passage à unchariot empli de cruchons de grès, de bouteilles pansues contenant uneliqueur d'or, et que menaient plusieurs frères lais et un moine gras àla trogne rubiconde.Le patient dont la plante des pieds s'échauffait, mais qui n'avaitnullement perdu l'usage de ses sens, n'eut pas de peine, malgrél'embonpoint du moine, à reconnaître en lui le Frère Ildebert; et, commeil y allait, non seulement de son salut éternel, mais peutêtre biend'un dernier avantage icibas, il l'appela par son nom à travers lafumée âcre et tourbillonnante.Frère Ildebert fit arrêter les chevaux, et, à la faveur d'un coup devent qui écartait le nuage asphyxiant, il eut tôt fait de remettre lebrave bûcheron qui l'avait écouté complaisamment et dont les fillesétaient livrées au démon des inventions scientifiques.Il accourut en criant:Cet homme est innocent et sa femme est la plus vertueuse descréatures! Bref, ils sont mes amis...Aussitôt le bourreau s'empressa de délier les malheureux qui ne sefirent pas prier pour descendre, quoique leurs pieds commençassent à seclouter de cloques douloureuses.Gilles, en présence du Frère Ildebert, croyait encore qu'il nes'agissait que de se confesser.Taisezvous donc! dit le Frère: de nous deux, le pécheur c'est moi,qui viens d'inventer un poison dont les hommes s'enivreront ets'abrutiront à l'avenir... Mais c'est grâce aux cruchons qui emplissentma voiture, que vous voyez tous ces gens dociles à ma voix.Ce disant, il tirait de son froc un onguent à lui, dont il frotta lespieds du bûcheron et de son épouse, lesquels devinrent nets et sainsaussitôt.Mais je croyais, observa Gilles, que l'on vous avait mis sous lesverrous pour avoir exercé vos dons de guérisseur?...C'est que je guérissais au dehors! J'opère à présent sur mes frères eten dedans des murs de clôture; et vous m'en voyez récompensé.Se tournant vers la foule, vers les gens d'armes et les clercs, ilajouta:Qu'on distribue tout ce bois aux pauvres et qu'on laisse en paix cesbraves gens!... Avezvous, ditil à l'oreille de Gilles, des nouvellesde vos filles?Hélas!Quoi? ne voyagentelles plus et par des moyens qui semblentextraordinaires aux ignorants?Elles voyagent, soupira Gilles; elles voyagent, mais l'une va merevenir avec un enfant...Pendant qu'ils s'entretenaient, ayant déjà quitté la place, une sorted'oiseau d'immense envergure apparut, planant audessus de leurs têtes,mais à une merveilleuse altitude. Ce fut Loys qui le fit remarquer àplusieurs jeunes gens, lesquels coururent chercher

qui tendaient à obtenir laprolongation
pouvait faire sans donner sujet de murmure auxcatholiques, que parce que son conseil était offensé de ce qu'elleavait été assignée auparavant que de la demander; néanmoins, désirantle gratifier, il lui accorda cette requête, avec un don de cent milleécus, et voulut que, de là en avant, il l'appelât «son maître» dansses lettres, comme il faisait autrefois, lorsqu'il était en courauprès de lui. Dans cette assemblée, se trouvèrent le prince de Condé,le comte de Laval, le vicomte de Turenne, depuis quelques mois sortide la prison des Pays-Bas, Châtillon, et la plupart des seigneurs quiprofessaient cette religion. Bellièvre y alla de la part du roi, pourdemander, entre autres choses, la restitution des places, mais iltrouva les courages bien résolus à ne les point rendre; et l'assembléeenvoya au roi, par Laval et Du Plessis-Mornay, un cahier de plaintescontenant les inexécutions de l'Edit, qui tendaient à obtenir laprolongation du terme, et semblaient dire que si on leur refusait unesi juste demande, ils seraient contraints de se mettre sur leursgardes. Le président Séguier, Villeroy et Bellièvre n'étaient pointd'avis qu'on leur accordât cette prolongation, parce que c'étaitfortifier une religion qu'il fallait détruire, c'était diminuerl'autorité royale, et fournir aux ligueurs un prétexte de troublerl'Etat; et le roi était de lui-même porté à croire ce conseil, n'ayantaucune inclination pour les religionnaires. Mais les persuasions duduc d'Epernon, qui favorisait le roi de Navarre, et la crainte que luidonnèrent les députés de la résolution opiniâtre de leur parti, lefirent condescendre, après de grandes répugnances, à leur laisser lesplaces encore deux ans; dont il leur fit expédier ses lettres à la findu mois de novembre.»Comme le dit Mézeray, ce ne fut pas sans de nombreuses difficultésque l'assemblée de Montauban trouva grâce, par ses cahiers, auprès deHenri III, et, tout en profitant du succès obtenu, le roi de Navarren'en devint pas plus confiant dans l'avenir. Aussi, dans la lettrequ'il adressa au roi, vers la fin de l'année 1584, pour le remercierdu bon accueil fait aux vœux et remontrances de l'assemblée, ildisait avec sa fine ironie: «Reste maintenant, Monseigneur, comme il aplu à V. M. faire connaître cette sienne bonne volonté à ses trèshumbles sujets, qu'aussi il lui plaise, par une même bonté, commander,au plus tôt que ses affaires pourront le permettre, les expéditionsnécessaires pour leur en faire sortir les effets...» Fidèle à sonrôle, il affectait toujours de compter sur Henri III, mais il sentaitbien que toute cette bonne volonté était, comme d'habitude, eau bénitede cour. Et, en effet, quelques jours après, il eut, plusieurs fois,l'occasion de se plaindre à Matignon de diverses irrégularités, enLanguedoc, en Rouergue, en Quercy et en Périgord.Les Guises, depuis quelque temps éloignés de la cour, n'attendaientqu'un prétexte pour stimuler le zèle de la Ligue, déjà toute à leurdévotion. Lorsqu'ils surent que Henri III venait d'accorder auxcalvinistes un délai de deux ans pour la remise des places de sûreté,ils n'hésitèrent plus à développer leurs plans et à en presserl'exécution. Le dernier jour de l'année 1584, par le traité deJoinville, ils associent le roi d'Espagne à la Ligue, qu'il prend, enquelque sorte, sous son patronage et à sa solde. Ce pacte éclairel'histoire des quinze années qui vont suivre; en voici le résumé:«Les contractants, pour la conservation de la foi catholique, tant enFrance qu'aux Pays-Bas, conclurent une confédération et ligueoffensive et défensive, perpétuelle et à toujours, pour eux et pourleurs descendants, avec ces conditions: qu'arrivant la mort du roiHenri III, le cardinal de Bourbon serait installé en sa place, commeprince vraiment catholique et le plus proche héritier de la couronne,en excluant entièrement et pour toujours tous les princes de France,étant à présent hérétiques et relaps, et des autres ceux qui seraientnotoirement hérétiques, sans que nul

J'ai l'horreur du_raisonnable!
ur assister la Navigation Aérienne.De par eux donc, défense à Dieu de faire voler l'autruche,—leptérodactyle et l'épiornis, étant morts et enterrés, ne sont plus làpour répondre;—et, pour défendre à l'homme de dépasser certainesproportions de la nature, affirmons pieusement que le _Great Eastern_est moins volumineux que la baleine,—ordonnons que le cheval distancecomme vitesse et dépasse comme format la locomotive avec ses queues dewagons,—décrétons que le télégraphe électrique porte moins loin quela parole humaine et l'oeil du lynx fantastique plus loin que notretélescope,—jetons bas la casquette de notre Corps des Ponts etChaussées devant l'auréole du castor,—et arrêtons court le tunnel duMont-Cenis par déférence pour le trou du lapin.Pour le besoin de la cause présente, ils oublient leur thèmeordinaire:—l'Ordre Universel créé tout entier pour les besoins et lasatisfaction de l'homme, et aussi Dieu qu'ils ne craignaient pasd'envoyer tout à l'heure clouer les étoiles au firmament «_pour leseul plaisir de nos yeux_.»Impies blasphémateurs de Dieu qu'ils limitent à leur mètre, insolentsenvers le créateur et la créature, les voilà qui nient à présent cettemiraculeuse intelligence qui a été donnée à l'homme et par laquelle ila dépassé en tous ordres les facultés de l'animal, à mesure qu'il a sule vouloir et le mériter.Eh quoi! l'homme, plus vite que le cerf, plus prompt que le bruit, qui afait siens le domaine de la taupe comme celui du poisson,—l'homme,—cefavorisé de la Providence, celle image de la Divinité,—ne s'élèveraitpas dans l'air comme la misérable chenille d'hier et la mouche immondenée de la pourriture!...VIMon confrère Moreau. — M. Mauguin fils. — Découverte de la lune. —La main qui saisit! — Les ouvriers de la dernière heure. — Qui?comment? — «La liberté dans la lumière!» — Obsession et possession.— Quel Oedipe? — Une Photographie sans retouches. — Les bêtes à X.— La Chimie, c'est ce qui pue! — L'impatience de l'ennui. — Le papeClément XIV et l'arlequin Carlo Bertinazzi. — PINGEBAT ROMA!!! — Uncapitaine mangé. — Le baron Taylor. — J'ai l'horreur du_raisonnable!_ — Le Génie, c'est l'Insolence! — La baguette deTarquin. — Attention à la cravate! — Le beau jeune homme de Rouen.— Gustave Flaubert. — Les croix d'honneur. — Gare les épaules! —Le monsieur au cochon de lait. — Résumé.Je discutais avec tout venant:La contradiction m'affirmait et m'excitait, encore comme la meuleaffile la lame, comme la compression exaspère l'explosion.Mais quelle satisfaction quand je trouvais un partisan du _Plus lourdque l'air_, comme, il y a quelque dix ans, mon sagace et ingénieuxconfrère Moreau, de la Société des auteurs dramatiques, qui en saitplus à lui seul sur l'électricité et bien d'autres choses que vingtacadémies;—et M. Mauguin,—fils du député, mon ancien chef de file aujournal le _Commerce_,—directeur d'une importante usine en Belgique,avec lequel je me rencontrai juste au retour d'un voyage en Hollande,pour tomber ensemble à bras raccourcis sur les «directeurs de ballons»et chanter la gloire de l'hélice et des plans inclinés, etc., etc.D'ailleurs, je ne savais rien de la question,—rien, j'entends, de ceque m'eussent pu apprendre les autres.Je n'avais rien lu de tout ce que j'ai lu depuis et qui m'a démontréqu'en effet il n'était rien de nouveau sous le soleil. Je neconnaissais ni la précieuse théorie de Michel Loup, publiée en 1853,ni l'excellente démonstration de Liais,—une de nos gloiresscientifiques perdue sur un rocher lointain, ni les très-remarquablesarticles du capitaine Béléguic, ni seulement l'_Aéronef_, brochure deLa Landelle publiée depuis deux ou trois ans déjà.Je ressemblais peut-être bien un peu, moi Parisien né, à ces jeunesgens départementaux, pleins de confiance, qui viennent ici pour nousdécouvrir la lune. Mais cet isolement mien de tout ce qui avait pu sedire et faire m'amenait, par la concentration, comme une sorted'hypn

fiers trépassés
eTous les fiers trépassés qui sont un sous mon frontL'éclair qui luit ainsi qu'une pensée naissanteTous les noms six par six les nombres un à unDes kilos de papier tordus comme des flammesEt ceux-là qui sauront blanchir nos ossementsLes bons vers immortels qui s'ennuient patiemmentDes armées rangées en batailleDes forêts de crucifix et mes demeures lacustresAu bord des yeux de celle que j'aime tantLes fleurs qui s'écrient hors de bouchesEt tout ce que je ne sais pas direTout ce que je ne connaîtrai jamaisTout cela tout cela changé en ce vin purDont Paris avait soifMe fut alors présentéActions belles journées sommeils terriblesVégétation Accouplements musiques éternellesMouvements Adorations douleur divineMondes qui vous rassemblez et qui nous ressemblezJe vous ai bus et ne fut pas désaltéréMais je connus dès lors quelle saveur a l'universJe suis ivre d'avoir bu tout l'universSur le quai d'où je voyais l'onde couler et dormir les bélandresÉcoutez-moi je suis le gosier de ParisEt je boirai encore s'il me plaît l'universÉcoutez mes chants d'universelle ivrognerieEt la nuit de septembre s'achevait lentementLes feux rouges des ponts s'éteignaient dans la SeineLes étoiles mouraient le jour naissait à peineEnd of the Project Gutenberg EBook of Alcools, by Guillaume Apollinaire END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK ALCOOLS START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK L'HÉRÉSIARQUE ET CIE Produced by Laurent Vogel, Hugo Voisard and the OnlineDistributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (Thisfile was produced from images generously made availableby the Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica) at) GUILLAUME APOLLINAIRE L'Hérésiarque & Cie --TROISIÈME ÉDITION-- PARIS P.-V. STOCK, ÉDITEUR 155, RUE SAINT-HONORÉ, 155 1910 Tous droits réservés.L'auteur et l'éditeur déclarent réserver leurs droits de traduction etde reproduction pour tous les pays, y compris la Suède et la Norvège.Cet ouvrage a été déposé au Ministère de l'Intérieur (section de lalibrairie) en octobre 1910.OUVRAGES DU MÊME AUTEURChez HENRI KAHNWEILER, éditeur, 28, rue Vignon:L'Enchanteur Pourrissant, avec bois d'André Derain; _Édition deBibliophiles_, 106 exemplaires. L'exemplaire sur papier vergé 60 francs L'exemplaire sur papier Japon 120 --SOUS PRESSEChez DEPLANCHE, _Éditeur d'Art_, 18, rue de la Chaussée-d'Antin:Le Bestiaire ou Cortège d'Orphée, poèmes, avec bois de Raoul Dufy,_Édition de Bibliophiles_, 120 exemplaires. L'exemplaire sur papier Hollande 100 francs L'exemplaire sur papier Japon 125 --E. GREVIN--IMPRIMERIE DE LAGNY_De cet ouvrage il a été tiré à part_ VINGT ET UN EXEMPLAIRES SUR PAPIERDE HOLLANDE _numérotés et paraphés par l'éditeur.__À THADÉE NATANSON CES PHILTRES DE PHANTASE_LE PASSANT DE PRAGUEEn mars 1902, je fus à Prague.J'arrivais de Dresde.Dès Bodenbach, où sont les douanes autrichiennes, les allures desemployés de chemin de fer m'avaient montré que la raideur allemanden'existe pas dans l'empire des Habsbourg.Lorsqu'à la gare je m'enquis de la consigne, afin d'y déposer ma valise,l'employé me la prit; puis, tirant de sa poche un billet depuislongtemps utilisé et graisseux, il le déchira en deux et m'en donna unemoitié en m'invitant à la garder soigneusement. Il m'assura que, de soncôté, il ferait de même pour l'autre moitié, et que, les deux fragmentsde billet coïncidant, je prouverais ainsi être le propriétaire du bagagequand il me plairait de rentrer en sa possession. Il me salua enretirant son disgracieux képi autrichien.À la sortie de la gare François-Joseph, après avoir congédié lesfaquins, d'obséquiosité tout italienne, qui s'offraient en un allemandincompréhensible, je m'engageai dans de vieilles rues, afin de trouverun logis en rapport avec ma bourse de voyageur peu riche. Selon unehabitude assez inc

Elle dit à Jane
--Voulez-vous acheter ceci?» répondit brusquement Jane, en tendant lecrucifix.La femme le prit avec respect, et jetant un coup d'oeil sur Jane,dont la figure malheureuse et sauvage ressortait sur ses vêtementsdélabrés, elle lui dit:«Ma fille, nous achetons les objets d'or et d'argent; mais, dites-moi,savez-vous ce qu'est ceci?--C'est de l'argent, je le sais bien!--Ce n'est pas là ce que je vous demande: savez-vous quel est cethomme étendu sur la croix?--Est-ce que je sais, moi!--Quoi! pauvre enfant, vous ignorez que cet homme est le Fils de Dieu,qu'il est mort sur la croix pour nous sauver?--Personne ne m'a jamais parlé de cela.--Vous ne connaissez pas Jésus-Christ, notre bon Sauveur?--De quoi nous a-t-il sauvés?--De l'enfer, et il nous a ouvert le paradis.--Je n'en savais rien.»La marchande regarda plus attentivement la pauvre créature deboutdevant elle: elle embrassa d'un regard ce visage jeune et flétri, cesvêtements sordides, et, mal plus terrible, cette stupeur de l'âmepeinte sur ses traits. Sa charité s'émut, ses entrailles de chrétienneet de mère tressaillirent. Elle dit à Jane:«Avez-vous des parents, une maison?--Rien. Mon père est mort sous un buisson, loin d'ici; ma mère estmorte aussi. Comment suis-je venue a Londres? je n'en sais rien.Comment ai-je vécu? je n'en sais rien non plus; ce que je sais, c'estque je voudrais bien être au fond de la Tamise, car alors je n'auraisplus ni froid ni faim.--Mon enfant, dit la marchande, et ce mot, prononcé avec une indiciblebonté, fit monter les larmes aux yeux de la pauvre Jane, mon enfant,voulez-vous que je vous conduise dans une maison où vous n'aurez plusni faim ni froid et où vous apprendrez à servir le bon Dieu?--Ni faim ni froid? répéta Jane; ce sera donc le paradis?--Non, mais le chemin qui y conduit.La marchande fit entrer dans sa boutique la pauvre fille, lui donna àsouper, la revêtit d'une robe neuve; bientôt Jane dormait dans un litsous ce toit hospitalier où le Père céleste l'avait amenée.Quelque temps après, une des orphelines de la maison du Bon Pasteur,de Londres, recevait le baptême. Sa joie, sa ferveur attendrissaientl'assemblée; cette heureuse néophyte était la pauvre Jane, qui avaitpour marraine la bonne marchande, l'instrument des miséricordes duSeigneur. 46.--UN COUP DE FILET DE LA SAINTE VIERGE.En se rendant à l'une de nos stations thermales, un officier supérieurcausait avec un compagnon de voyage:--Si nous nous arrêtions àLourdes? lui dit ce dernier.--Pourquoi donc?--Nous y trouverions lepèlerinage national.--Voilà cinquante ans que je n'ai pas mis lespieds dans une église!...--Qu'à cela ne tienne, tout se passe en pleinair.--Alors, c'est différent.Ils s'arrêtèrent a Lourdes; ils virent les ardentes prières despèlerins. Elles étonnèrent d'abord, subjuguèrent ensuite cette âmedroite et loyale: l'officier pria avec les autres, aussi longtemps queles autres.--Il fait chaud, lui dit son compagnon; si nous buvions un verre d'eaude la grotte?--Volontiers; ce prêtre-là m'a rendu tout rêveur...Il rêva, il pria, il monta jusqu'à la crypte, il en redescendit priantet heureux.--Si vous voulez aller aux eaux, dit-il à son compagnon,allez-y; moi, j'ai trouvé les miennes. 47.--UNE CONVERSION EN MER.Le héros de cette histoire a rapporté lui-même dans la lettre suivantela grâce signalée dont il a été l'objet.«Après avoir failli périr avec mon navire, sur la barre de Bayonnependant l'été dernier, je me rendais de Livourne à Dunkerque et Rouen,lorsque le 28 décembre, au matin, je fus obligé de mouiller devantMalaga, ne pouvant y entrer. Bientôt le temps devint affreux, et, dèshuit heures du matin, toute la population massée sur les quais, malgréune pluie torrentielle, nous regardant chasser sur les ancres, nousfaisait comprendre quel péril nous menaçait. Le pavillon fut mis enberne, mais en vain: ni remorqueur, ni pilotes, pas même la canonnièrede l'État n'osaient se risquer à nous secourir; Dieu seul pouv

la poursuite de luxe
re se dirigea vers une maison que l'on voyait entre les arbres etqui avait l'apparence d'une auberge. Les brigands nous précédaient enécartant les branches. Au bout d'une heure, deux hommes vinrent à notrerencontre: l'un, de trente-quatre à trente-cinq ans, taillé en hercule,le visage sauvage et pourtant régulier; l'autre, un adolescent de vingtans, aussi beau qu'Adonis. Ils faisaient aussi partie de la bande. Ferryme les présenta; puis il me dit que j'allais goûter l'amour avec cesdeux hommes, que je n'avais rien à craindre d'eux, qu'ils ne savaientpas qui j'étais et qu'ils n'avaient aucune relation avec le mondeextérieur.Nous nous arrêtâmes dans une clairière. Une source assez profonde etlarge la traversait. L'hercule se mit à l'aise aussitôt; le jeune hommerougissait, hésitait; quand Ferry le lui eut commandé péremptoirement,il suivit l'exemple de son camarade. Ferry, me dit que je devais donnerlibre cours à mes sensations; que plus je serais passionnée, plus je luiferais plaisir. Je connaissais ses pensées comme si je les avais lues.Je voulais lui faire plaisir et je résolus d'être très dissolue.J'appelai les deux hommes. Je les tirais vers moi... Lorsque tout futfini et tous furent calmés, ils me portèrent dans la hutte, où Ferry mecoucha dans un lit.Puis-je vous raconter comment s'écoulèrent les trois jours que je passaidans cette forêt? Ferry avait congé. Je changeais tous les joursd'amants. Il y avait neuf brigands. Le troisième jour, nous célébrâmesune grande orgie, avec des paysannes, des femmes et des filles quiétaient venues. Agrippine aurait envié nos saturnales. Ces paysannesétaient aussi raffinées, adroites et voluptueuses que les dames del'aristocratie de Budapest.J'eus le temps de me reposer durant ma tournée. Rose m'accompagnaitseule. Ferry me quitta après de tendres adieux. Il était temps dereprendre des forces, ces débauches m'auraient tuée.Je n'ai rien à vous dire des deux années que je passai encore àBudapest, ni de mon engagement d'un an à Prague. J'appris à estimer ceproverbe français: «Ni jamais, ni toujours, c'est la devise des amours».VIÀ FLORENCEJ'avais atteint ma vingt-septième année. Mes parents étaient morts dansl'intervalle d'une semaine, emportés par une épidémie. J'étais pourainsi dire seule au monde. J'avais perdu de vue ma parenté. Ma vieilletante, chez qui j'avais logé à Vienne en débutant au théâtre, dura leplus longtemps; elle mourut un an après que j'eus quitté Budapest. Cecousin dont je vous ai parlé avait suivi la carrière militaire. Il avaitperdu la mauvaise habitude de son enfance et était devenu un tel rouéque les débauches le tuaient. J'avais beaucoup de chance d'un côté,pourtant j'avais dû supporter quelques durs chagrins. Je perdis mes deuxpremiers amants: Arpard A..., qui dut partir à Constantinople, où ilavait un emploi à l'ambassade, et Ferry, qui émigra en Amérique. Avantce départ, qui était forcé, il m'écrivit une longue et tendre lettre oùil me jurait un éternel amour. Il m'écrivait qu'il voulait m'épouser sije le suivais en Amérique. Il n'osait plus rester en Europe, car il yrisquait sa vie. Les bandits, dont quelques-uns avaient eu mes faveurs,furent arrêtés. Hercule et le bel adolescent finirent à la potence. Ilne me restait plus que Rose pour me rappeler les joyeuses journéespassées à Budapest.Je ne veux pas vous parler de ma carrière artistique. Ceci ne vousintéresse pas; si vous voulez la connaître, vous n'avez qu'à ouvrir lesjournaux, ce que vous avez sûrement fait.Dans une grande ville d'Allemagne, je fis la connaissance d'unimprésario italien, qui m'avait entendue chanter dans un concert et dansun opéra. Il me rendit visite chez moi et me fit la proposition de lesuivre en Italie. Je parlais parfaitement l'italien. Il me dit que pourpouvoir concourir avec les plus célèbres cantatrices d'Italie, il ne memanquait que l'habitude des immenses scènes de San Felice, de la Scalaou de San Carlo. Si j'avais du succès en Italie, mon avenir étaitassuré; j'avais