vierge encore
Cette figure rivalise de beauté avec la précédente. Ses cheveux sont blonds; le tissu jaune et transparent qui se joue en plis gracieux paraît plutôt voiler que couvrir une partie de son corps; son front est ceint d'un ruban bleu-céleste; de la main gauche elle soutient un disque couleur d'argent, qui paraît avoir quelque rapport à sa danse et lui servir de caractère distinctif.

«Telle se montrait Vénus, vierge encore, exposant aux regards la beauté de ce corps parfait, et laissant deviner ses charmes les plus secrets sous un léger tissu de lin, que soulève doucement le zéphir; la blancheur de son corps s'unit à la lumière du ciel, et l'azur de son voile se confond avec celui des flots». Cette description voluptueuse d'Apulée (Métam. X) a beaucoup de rapport avec notre Danseuse. Les Grâces, les Nymphes et les Heures étaient également représentées dans les danses avec les attributs que leur donnaient l'imagination des peintres et des poètes; et les danseuses ont pu servir à leur tour de modèles pour ces Divinités.

Les jolies frises à la suite de cette peinture et des cinq suivantes, n'ont aucune relation avec le sujet.

Seulement par une législation
Les partis antagonistes s'organisent et chacun tâche de pousser les autres à une action prématurée afin d'en profiter.

Tout dépend en outre de la conception de l'État. Liebknecht et ses co-antirévolutionnaires prennent une autre voie que Marx. Tandis que celui-ci écrivait: «L'État est impuissant pour abolir le paupérisme. Pour autant que les États se sont occupés du paupérisme, ils se sont arrêtés aux règlements de police, à la bienfaisance, etc. L'État ne peut faire autrement. Pour abolir véritablement la misère, l'État doit s'abolir lui-même, car l'origine du mal gît dans l'existence même de l'État, et non, comme le croient beaucoup de radicaux et de révolutionnaires, dans une formule d'État définie, qu'ils proposent à la place de l'État existant. L'existence de l'État et l'esclavage antiques n'étaient pas plus profondément liés que l'État et la société usurière modernes», Liebknecht croit qu'il y a nécessité que l'on prenne soin du pauvre, du petit, aussi longtemps qu'il vit et, à ce propos, il prononça au Parlement les paroles suivantes, qui forment un contraste frappant avec les idées de Marx: «Nous pensons que c'est un signe de peu de civilisation que cette grande opposition entre riches et pauvres. Nous pensons que la marche ascendante de la civilisation fera disparaître peu à peu cette opposition, et nous croyons que l'État, duquel nous avons la plus haute conception quant au but qu'il doit atteindre, a la mission civilisatrice d'abolir la distance entre pauvres et riches, et parce que nous attribuons cette mission à l'État, nous acceptons, en principe, le projet de loi présenté.»

Donc, tandis que l'un croit que l'État doit d'abord être aboli, avant de pouvoir faire disparaître l'antagonisme entre riches et pauvres, l'autre est d'avis que l'État a pour mission d'abolir cet antagonisme. Ces deux déclarations sont en complète opposition, ainsi que la suivante:

«Seulement par une législation, non pas chrétienne mais vraiment humaine, civilisatrice, imbue de l'esprit socialiste, réglant les rapports du travail et des travailleurs, s'occupant sérieusement et énergiquement de la solution de la question ouvrière et donnant à l'État son véritable emploi, vous pourrez écarter le danger d'une révolution… En un mot, vous n'éviterez la révolution qu'en prenant le chemin des réformes, des réformes efficaces. Si vous votez la loi avec les amendements que nous y avons proposés, pour en corriger les défauts, vous aurez fait un grand pas dans la voie réformatrice. Par là vous ne saperez pas le socialisme dans ses bases, mais vous lui aurez rendu service, car cette loi est un témoignage en faveur de la vérité de l'idée socialiste.»

Sans être pour cela un feignant, Raoul descendit de son cheval, et ne crut pas devoir passer si près du Médicis sans offrir une tournée à ces dames.

Avec la solidarité charmante des dames du Quartier latin, Nana conseilla fortement à Raoul d'aller voir Camille, au Furet. Ça lui ferait bien plaisir.

Effectivement, cela fit grand plaisir à Camille de voir son ami Raoul en si bel attirail.

—Va donc dire bonjour à Palmyre, au Coucou. Ça lui fera bien plaisir.

On alla dire bonjour à Palmyre, laquelle envoya Raoul dire bonjour à
Renée, au Pantagruel.

Docile et tapageur, le bon canon suivait l'orgie, l'air un peu étonné du rôle insolite qu'on le forçait à jouer.

Les petites femmes se faisaient expliquer le mécanisme de l'engin meurtrier, et même Blanche, du D'Harcourt, eut à ce propos une réflexion que devraient bien méditer les monarques belliqueux:

—Faut-il que les hommes soient bêtes de fabriquer des machines comme ça, pour se tuer… comme si on ne claquait pas assez vite tout seul!

De bocks en fines champagnes, de fines champagnes en absinthes anisettes, d'absinthes en bitters, on arriva tout doucement à sept heures du soir.

Il était trop tard pour rentrer. On dîna au Quartier latin, et on y passa la soirée.

Les sergents de ville commençaient à s'inquiéter de ce bruyant canon et de ces chevaux fumants qu'on rencontrait dans toutes les rues à des allures inquiétantes.

Mais que voulez-vous que la police fasse contre l'artillerie?
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ces Russes
Comme bien vous le pensez, les infortunées bêtes n'attendirent point leur reste: en quelques minutes, tous les chiens, au grand galop, avaient rejoint leurs bienfaiteurs français et russes, là-bas, dans la campagne.

Qu'est-ce que cet étrange manège pouvait bien signifier?

Je résolus d'en avoir le coeur net et, au risque de me faire coffrer, je prolongeai mon séjour à Koenigsberg, poursuivant sans relâche et avec une remarquable intelligence mes patriotiques investigations.

La conversation d'un lieutenant pris de boisson me mit bientôt au courant.

Les chiens dont je viens de parler sont en cas de guerre, dressés à fuir, eux et leurs attelages, les troupes allemandes, pour aller rejoindre ces Français, ces Russes, dont ils n'ont jamais reçu que de bons traitements.

Les petites voitures qu'ils traînent derrière eux seront alors chargées d'effroyables substances dont l'explosion mettra fin à des milliers d'existences.

Le moment de la détonation peut être déterminé à une seconde près, grâce à un système d'horlogerie qu'on règle selon la distance qui sépare de l'ennemi.

Et ça n'est pas plus difficile que ça!

J'ajouterai que, ces chiens étant rendus aphones par une opération chirurgicale et les roulements des chariots se faisant sur caoutchouc, pas un bruit ne saurait révéler l'approche de cette terrible et ambulante machine infernale.

Messieurs les Français, vous voilà avertis!

Jacques embrassa Claudine sur les deux joues.
Sa voix, en prononçant ces mots, si doux au coeur, avait quelque chose de grave et de triste qui émut Claudine.

—Eh bien, dit-elle en passant ses jolis bras autour du cou de son frère, ne vas-tu pas t'affliger maintenant? Est-ce donc une chose si pénible d'aimer les gens, qu'il faille prendre cet air malheureux? Voilà que tu me fais pleurer, à présent.

La pauvre Claudine essuya le coin de ses yeux avec son tablier, puis, souriant avec la mobilité de l'enfance, elle se haussa sur la pointe du pied, et, approchant sa bouche de l'oreille de Jacques, elle reprit:

—Bah! à ta place, moi je me réjouirais. Suzanne n'est pas ta soeur! je suis sûre qu'elle t'aime autant que tu l'aimes: tu l'épouseras.

Jacques embrassa Claudine sur les deux joues.

—Tu es une bonne soeur, lui dit-il; va, maintenant, je sais ce que l'honnêteté me commande.

Et Jacques, se dégageant de l'étreinte de sa soeur, sortit du jardin. Il se rendait tout droit au château, lorsqu'au détour d'une haie il rencontra M. de Malzonvilliers.

—Je vous cherchais, monsieur, lui dit-il en le saluant.

—Moi? Et qu'as-tu à me dire, mon garçon?

—J'ai à vous parler d'une affaire très importante.

—En vérité? Eh bien, parle, je t'écoute.

—Monsieur, j'ai aujourd'hui dix-huit ans et quelques mois, reprit Jacques de l'air grave d'un ambassadeur; je suis un honnête garçon qui ai de bons bras et un peu d'instruction; j'aurai un jour deux ou trois mille livres d'un oncle qui est curé en Picardie; car pour le bien qui peut me revenir du côté de mon père, je suis décidé à le laisser à ma soeur Claudine. En cet état, je viens vous demander si vous voulez bien me donner votre fille en mariage.

—En mariage, à toi! Qu'est-ce que tu me dis donc? s'écria M. de
Malzonvilliers tout étourdi.